Interview Karlan Chef mécanicien navire à passagers à Terre de Haut

 

Quel est le role du Chef mécanicien , sur une vedette à passager  ?


Le rôle du chef mécanicien est de diriger le service machine.
A bord il est responsable du bon fonctionnement de tous les appareils. Toutes les opérations d’entretien, de maintenance et de réparation des installations du
navire se font sous sa direction.
En cas de problème technique, le chef mécanicien doit veiller à assurer les fonctions vitales pour la sécurité de la navigation et l’exploitation du navire comme pour le suivi des opérations commerciales. Le chef mécanicien est donc un élément essentiel voir vital pour la sécurité du navire, de l’équipage et de la
cargaison.
Le chef mécanicien encadre et dirige tous les marins, ainsi que ceux du service machine. A bord le chef peut toucher à tout corps de métier, soudeur, frigoriste,
électricien, électromécanicien etc…
Les marins du service machine (graisseur, nettoyeur, matelot mécanicien, second mécanicien) sont ceux qui à partir de la seule énergie du bord (gasoil, gaz) sont chargés du bon fonctionnement des machines qui fournissent 24/24  ,les énergies mécaniques et électriques indispensables au bon fonctionnement
du navire.
Le moteur principal doit assurer sans défaillance la propulsion du navire et les moteurs auxiliaires fournissent l’électricité pour toutes les installations du bord.
– Mécanique : ventilateur, compresseur, pompe, système hydraulique.
– Thermique : chauffage, climatisation, réfrigération.
– Electronique : instrument de navigation, conduite d’installation, appareil de surveillance, ordinateur.

Quel a été votre cursus scolaire ?
J’ai toujours été un passionné, un amoureux de la mer.
Depuis très jeune je partais en mer avec mes oncles marins pêcheurs afin d’apprendre différentes techniques de pêche.
De ce fait après le collège joseph pitat, on m’a conseillé le la filière maritime en Guadeloupe  ou j’ai choisi d’apprendre le métier de mécanicien naval.
Les professeurs ont su me transmettre leurs savoirs et la passion du métier ce  qui m’a encore plus conforter dans mon choix de devenir marin.
Après 3 années d’Etude et arrivé à la fin de mon cursus scolaire ,j’ai obtenu mon bac pro d’electromécanicien naval.
Lors d’un stage au sein de la compagnie DEHER, j’ai été repéré.
Suite à cela j’ai eu une proposition d’embauche en tant que graisseur sur le Miss Guadeloupe.
Mon sérieux et ma détermination m’ont permis de gravir les échelons. Il ne faut pas se mentir ce n’est pas le métier le plus simple.
J’ai connu des moments de difficultés qui ne m’ont pas découragé pour autant, bien au contraire m’ont permis de grandir et d’apprendre un peu plus.
Aujourd’hui je suis fier d’être breveté chef mécanicien 750klw, second chef mécanicien 3000klw, chef mécanicien 3000 klw.
J’ai également intégré L’ENSM ( Ecole National Supérieur Martime ) en 2020 où j’ai réussi ma formation de chef éléctromécanicien 8000klw.
Durant ces années au sein de la CTM DEHER, j’ai appris le métier un peu plus chaque jour aux côtés de mes collègues.
Comprendre comment faire une recherche de panne, comment résoudre une panne sur les moteurs mais aussi sur les auxiliaires.
J’ai également beaucoup appris auprès de chaque intervenant de l’exterieur.
J’ai à présent 10 ans d’expériences et je transmets à mon tour aux stagiaires les valeurs fortes du métier. La cohésion, le respect envers chacun et l’esprit d’équipe qui est fondamental sur un navire.
La mer est un espace de rigueur et de liberté. Y perdre la rigueur c’est perdre la liberté.
Victor Hugo

Qu’est ce qui vous a motivé à suivre cette filière ?
«Je vie sur une ile dont l’activité principale reste tournée vers le domaine maritime ,la pêche ,le fret et le transport maritime.
De plus j’aime beaucoup échanger avec les personnes .Je me suis orienté tout naturellement vers ce genre de navigation» .

Quels conseils doneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans cette filière ?
Je dirai tout simplement aux jeunes guadeloupéens qu’ils ont cette chance de vivre sur une île, entourée d’eau et de ce fait ils devraient s’interesser
d’avantage aux métiers de la mer car c’est un potentiel à exploiter, tout en respectant l’environement afin de la préserver aux mieux.
Aujourd’hui il a y une pénurie de chefs mécaniciens guadeloupéens.
C’est vraiment dommage !
La mer c’est notre avenir elle fait partie de notre identité. C’est un métier difficile mais où l’on gagne aussi bien sa vie.
Cela demande de la rigeur et de la détermination. On a rien sans rien.Donc si vous aimez la mer, la mécanique, l’aventure, rejoignez la famille des
marins. Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur
d’échouer.

N’ayez pas peur et lancez vous.