En quoi consiste votre métier ?
Météorologue.,c’est prévoir le temps mais pas seulement. C’est avant tout de la science qui commence par de l’observation et de la vérification des mesures de différents paramètres atmosphériques qui sont ensuite stockés dans des bases de données afin de conserver la mémoire du climat. Nos missions principales concernent bien entendu la sécurité des personnes et des biens avec la diffusion
de niveaux de vigilance mais aussi de fournir des services climatiques afin de mieux évaluer les impacts possibles du changement climatique en particulier à l’échelle de nos régions. Ces services climatiques désignent toutes les informations et prestations qui permettent d’évaluer et de qualifier le climat passé,
présent et futur, d’apprécier les impacts des changements climatiques sur les activités socio-économiques et l’environnement ou encore d’entreprendre des mesures d’atténuation et d’adaptation.
Quels sont les méthodes et les instruments que vous utilisez aux quotidiens pour établir les prévisions météorologiques marines ?
La prévision météorologique est élaborée en trois étapes fondamentales : l’observation, la simulation de l’évolution de l’atmosphère à l’aide des modèles numériques et l’analyse des
résultats par les prévisionnistes.
Pour réaliser de prévisions météorologiques, il est au préalable nécessaire de connaître l’état de l’atmosphère à un instant donné et cela sur l’ensemble du globe terrestre. Un supercalculateur et
un modèle numérique sont ensuite nécessaires pour traiter les millions de données d’observation et calculer les prévisions des paramètres en chaque point du globe jusqu’à plusieurs jours d’échéance.
Les données marines utilisées proviennent principalement des bouées ancrées telles que des houlographes, de bouées dérivantes et surtout des mesures effectuées par des satellites géostationnaires ou des satellites défilants à basse altitude.
Comment faites-vous pour préparer un bulletin météo marine ?
Nous utilisons les résultats des simulations effectuées par les différents modèles de vagues. Si nous disposons de mesures effectuées par des bouées, nous comparons celles-ci avec les
valeurs des modèles de prévision.
L’expertise des prévisionnistes est indispensable pour analyser ces résultats complexes et les traduire en informations concrètes. Ils choisissent parmi les différents scénarios celui qui apparaît comme le plus probable et rédigent un bulletin de prévision marine .
Quelles sont les méthodes que vous utilisez pour estimer :
-la hauteur de la houle .
-les trajectoires des ouragans .
La hauteur de houle est mesurée par des houlographes. Deux houlographes (Pointe de la vigie et Réserve Cousteau) sont gérés par Météo-France en Guadeloupe. Les mesures sont accessibles en temps réel sur nos sites internet et sur le site du CEREMA :
Les modèles numériques de prévision peuvent être atmosphériques ou spécifiquement marines. Dans ce dernier cas, ils simulent l’océan superficiel indiquant le
spectre des vagues (direction, hauteur, période) avec un détail discrétisant les différentes houles (primaire et secondaire), la mer du vent et la mer totale. Le vent à 10m prévu par le modèle atmosphérique est utilisé pour initialiser les prévisions de vagues dans le modèle de vagues.
Pour rappel :
La mer du vent est formée par les vagues générées par le vent à l’instant et au lieu d’observation (sur l’aire génératrice). La mer du vent a un caractère désordonné. Sauf en cas de tempête, la période de la mer du vent est généralement inférieure à 6 secondes.
La houle : ce sont des vagues formées en un lieu autre que le lieu d’observation et qui se sont propagées ou des vagues formées antérieurement au moment de l’observation. La houle a un caractère plus ordonné que la mer du vent. Sa période est plus longue (entre 6 et 20 secondes). Sa direction est totalement indépendante de la direction du vent local.
La prévision de trajectoire des phénomènes cycloniques est réalisé à partir de nombreux modèles atmosphériques. Des modèles spécifiques « hurricane » sont utilisés par le NHC (National Hurricane Center) de Miami et un modèle à haute résolution « AROME » est utilisé par Météo-France spécifiquement sur l’arc antillais. Tous les modèles de prévision sont expertisés et pris en compte par les prévisionnistes afin d’élaborer la trajectoire la plus probable. Le NHC assure la responsabilité de la surveillance des phénomènes cycloniques sur l’atlantique en coordination avec Météo France concernant les territoires français. Nous assurons les prévisions d’impact sur ces territoires avec la diffusion des vigilances cycloniques.
Quels sont les principaux phénomènes météorologiques locaux?
Aux Antilles, nous avons deux saisons :
Une saison humide de juin à novembre correspondant à la saison cyclonique. Les principaux phénomènes sont des ondes d’est amenant parfois beaucoup de pluie et des phénomènes cycloniques (dépression, tempête, ouragan) qui peuvent faire beaucoup de dégâts à cause du vent, de la submersion marine et de fortes précipitations pouvant générer des inondations catastrophiques. Des journées avec peu de vent (panne d’alizé) sont également fréquents dans cette période.
Une saison sèche (carême) de janvier à avril où les alizés soufflent de manière régulière. Les dépressions circulant au nord de l’arc antillais génèrent souvent de fortes houles de composante nord sur nos îles. Ce sont des houles qui peuvent être énergétiques et engendrées de la submersion sur nos côtes. La saison sèche ne veut pas dire qu’il ne pleut pas. Nous pouvons avoir de fortes précipitations et des inondations bien que cela soit un risque nettement moins fréquent qu’en saison cyclonique.